Les relations intraspécifiques sont excellentes et les parades d’intimidations qui ne manquent pas de se produire ne sont suivies d’aucun accrochage sérieux. Le dominé s’enfuit et revient parader peu de temps après. Dans ce contexte, des pontes ne tardent pas à se dérouler et le bac se retrouve peuplé d’australe de toutes tailles. Dans la nature, ces killies vivent dissimulés sous les feuilles mortes et toujours à proximité du fond. Les spécimens actuels ont perdu ce comportement au cours des générations et nagent dans toutes les strates de l’aquarium. La maintenance en bac communautaire est possible. Il faut simplement éviter de le mettre en présence d’espèces prédatrices ou de trop grande taille. Un aquarium régional d’Afrique de l’Ouest est également envisageable. Dans ce cas, il peut être associé à d’autres killies mais prudence si vous désirez repêcher les poissons pour les reproduire. Les femelles se ressemblent beaucoup et les hybridations sont possibles. La solution est de choisir des killies aux femelles dissemblables, tels Epipla-fys dageti ou A. bivittatum. Des Cichlidés du genre Pelvicachromiseï des Belontiidés du genre Ctenopoma sont tout indiqués pour un bac de ce type.
Bien que les sujets achetés dans le commerce acceptent les flocons et les fins granulés, les australe marquent une nette préférence pour le naturel et mieux, pour le vivant. Aucun Cap Lopez ne boude un ver de vase, un tubifex, une larve ct moustique ou encore un Grinda Toutes les proies vivantes sont goulûment avalées si elles sont de petites tailles. En revanche, la nourriture d’origine végétale n’est pas acceptée. Inutile donc d’inscrire des épinards pochés au menu de nos pensionnaires ! A. australe n’a pas un appétit d’ogre et c’est pourquoi il faut veiller à effectuer plusieurs petites distributions plutôt qu’une seule trop abondante et alterner aliments riches et nourriture légère. Bien nourris, les australe se reproduisent volontiers, y compris dans un bac d’ensemble.
Ponte en continu
Reproduire des australe (excepté certaines populations comme celle du Cap Esteria et les sujets sauvages) est à la portée de tout aqua-riophile qui possède déjà une expérience avec les ovipares. Souvent, la reproduction de ce killi non annuel se déroule naturellement, sans intervention de l’aquariophile. Pour mener à bien cette reproduction naturelle, il est préférable de réunir quatre couples dans un aquarium d’une cinquantaine de litres. Le sol, enrichi d’éléments nutritifs, est abondamment planté d’Egeria densa et de mousse de Java. Des tiges de Ceratophyllum sont lestées. Des plants de Ceratopteris ou de Limnobiuma que du Riccia prennent place en surface. Toutes ces plantes au feuillage fin sont des supports de ponte. Le Riccia héberge des micro-organismes nécessaires à l’alimentation des alevins nouvellement éclos.
En général, dès qu’il est accoutumé à son nouvel environnement, A. australe commence à parader pour attirer les femelles. Dès que l’une d’elles est consentante, il la guide vers un support choisi par lui et l’incite à se plaquer contre celui-ci en lui donnant de petits coups de tête. Ensuite, il vient se placer à ses côtés. Le corps des géniteurs s’arque, tressaille et la femelle dépose un œuf unique aussitôt fécondé par le mâle. Si la génitrice est bien nourrie, elle pond quotidiennement plusieurs œufs légèrement ambrés qui s’accrochent au support par de minuscules filaments. Les géniteurs consomment quelquefois leurs œufs mais leur abondance et le touffu végétal permettent l’éclosion de nombreux alevins. Si la température est régulée à 24° C, les œufs (d’un millimètre de diamètre) éclosent douze à quinze jours après la ponte. Le premier repas est constitué des micro-organismes produits par les touffes de Riccia.
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One Response to Le prince du Gabon
Zanga
Replied on: 10 juillet 2009, 18 h 03 min
Merci pour la richesse des informations et les conseils.